Carrefour de participation, 
 ressourcement et formation
                         Bulletin de liaison  No 101, juin 2010

Le monde est en crise!

Tout le monde le sait, la voracité des banques et des grands argentiers de ce monde et l’appât du gain facile et rapide nous ont fait basculer dans une grave crise financière qui, elle-même, nous a précipités dans une crise économique qui perdure. La cupidité et la déresponsabilisation au plan éthique apparaissent de plus en plus clairement comme des rouages du système économique dominant. Ces constatations révèlent au grand jour de quoi est véritablement fait le capitalisme.

Il s’agit d’un système violent de domination dont la seule fin est l’accumulation à partir des profits. Cette logique perverse nous a fait entrer de plain-pied dans une série de crises intimement reliées les unes aux autres : bien sûr, il y a les crises financières et économiques, mais aussi : les crises agroalimentaire, énergétique, écologique, démocratique et des droits humains. Nous sommes collectivement aux prises avec une crise systémique ou globale, dont l’être humain est responsable et d’une ampleur jamais vue à ce jour.

Pour faire contrepoids et reprendre du pouvoir sur nos vies, tant individuellement que collectivement, le travail de conscientisation, le développement de la solidarité avec les appauvriEs, les exploitéEs, les excluEs et l’analyse sociopolitique pour affranchir la pensée des carcans idéologiques et favoriser un agir concerté et pertinent sont des incontournables. Il est essentiel de se donner des temps d’arrêt pour réfléchir avec d’autres aux enjeux sociopolitique et socio-économique pour aller aux causes véritables des problématiques avec lesquelles nous sommes confrontés. C’est une des conditions pour développer des alternatives viables à long terme aux plans humain et écologique et un agir pertinent et efficace.

Les globalisateurs, les néolibéraux et les dominants de tout acabit s’organisent entre eux pour développer, conserver et consolider leurs privilèges. En contrepartie, nous devons choisir de nous organiser en toute solidarité si nous voulons véritablement contribuer à l’émergence d’un monde humainement et écologiquement plus juste et équitable. 

Nelson

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Le Bulletin de liaison du CPRF est produit par: Michel Brabant, Guy Fortier, Louise Lafortune et Nelson Tardif. Merci à Lucie Lépine, Yves Carrier, Gérard Laverdure et au CROM de leur généreuse collaboration.

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Écologie et justice : un même défi, une même lutte

Ça y est, après une année et demie de recherche, de lecture, de rencontres, de mise au point et de création pédagogique une nouvelle session s’ajoute à notre offre de formation : Écologie et justice. Nous ne sommes pas peu fiers de cette nouvelle réalisation dont nous avons expérimenté les outils pédagogiques devant un groupe témoin de 13 personnes pour la première fois le 30 avril dernier. À la suite de cette journée et surtout des réactions des personnes participantes, nous avons apporté les ajustements requis pour aller la donner le 11 mai au Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL) et le 31 mai au Centre des femmes de Verdun. Ces deuxième et troisième expérimentations nous ont permis d’apporter de nouveaux ajustements pour en optimiser les impacts et ainsi rencontrer nos objectifs de conscientisation devant conduire à un agir collectif mieux éclairé et donc plus pertinent et efficace.

Cette formation vise, entre autres, à articuler et à démontrer le lien incontournable entre écologie et justice sociale. Trois autres objectifs caractérisent cette session : comprendre l’interdépendance des crises (financière, économique, agroalimentaire, énergétique, environnementale, démocratique et des droits humains) qui mettent en danger l’avenir de l’humanité et de la vie sur Terre et, particulièrement, dans les pays les plus pauvres; développer un esprit critique vis-à-vis de certaines solutions proposées pour sortir de ces crises; identifier les opportunités de transformation sociale et les moyens d’actions qui redonnent aux individus et aux collectivités du pouvoir sur leur vie et leur société.

En avant-midi, les préoccupations des personnes participantes concernant l’état actuel du monde nous permettent de nommer les crises  et des effets perceptibles pour chacune d’entre elles et de faire un premier lien entre écologie et justice. Cette activité de démarrage est suivie d’ateliers autour de photographies représentant des familles moyennes de différents pays devant leur panier d’épicerie pour une semaine. Un exercice de comparaison permet de constater que nous sommes inégaux devant les crises. Par la suite, pour mieux comprendre la réalité, nous nous donnons un cadre d’analyse et de compréhension globale pour plonger au cœur des causes de la crise systémique que nous traversons actuellement. Celui-ci favorise l’approfondissement des liens entre les crises, leur compréhension et l’établissement de nouveaux liens.

En après-midi, une première activité aborde, à travers un jeu questionnaire, la conception que nous avons du monde : une vision de supériorité de l’humain, idyllique ou de jardinier. Enfin, nous entrons de plain-pied dans le jeu de la « Justicologie » permettant de réfléchir tout en s’amusant à la question de l’agir et des alternatives. Cette partie se clôt par un atelier qui permet, en fin de parcours, de ressaisir ce que nous avons compris du lien incontournable entre écologie et justice et, dans cette perspective, des solutions et des alternatives collectives pour construire ou reconstruire un autre monde possible nous permettant de sortir du gouffre de la marchandisation du monde. 

Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à nous contacter : 514-526-2673.

Nelson

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Appel à la solidarité

Pétitions en ligne

Saviez-vous qu’il existe sur le site Internet de l’Assemblée nationale du Québec une section contenant des pétitions en ligne. Au moment de rédiger cet article, il y avait neuf pétitions sur divers sujets qui, en tant que citoyenNE, nous regarde.
Pour ne donner que trois exemples : il y en avait une contre le projet de «ticket modérateur» pour l’obtention de soins de santé; une autre s’opposant à la taxe régressive fixe en santé; une troisième demandant que le traitement des travailleuses et travailleurs accidentés soit revu afin qu’ils et elles soient considérés et traités avec dignité.
Dans une perspective de solidarité citoyenne et de justice sociale, il est essentiel que nous fassions savoir nos désaccords avec les politiques adoptées en faisant pression sur le gouvernement pour que les choses changent. Il est important que nos éluEs sentent, de diverses façons, qu’il y a des citoyenNEs qui veillent le regard braqué sur eux et sur la qualité de la vie démocratique.
Nous vous invitons à mettre le lien suivant dans vos favoris, à le visiter fréquemment et surtout à signer les pétitions que vous jugez pertinentes qui s’inscrivent dans la ligne de la justice sociale: http://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/signer-petition/index.html
Nelson

Taxe Robin des bois

Une idée gagne mondialement du terrain : « une toute petite taxe sur les transactions des grandes banques pourrait dégager et fournir des milliards de dollars pour aider les citoyenNEs ordinaires partout dans le monde ».

Cette idée a été surnommée la taxe de Robin des bois. Appliquée aux opérations financières elle « permettrait de s'assurer que le Canada et les autres pays du G8 font les investissements dont nous avons besoin pour les services publics, la lutte contre le changement climatique et le développement international. Elle aiderait aussi à freiner la spéculation financière, qui a créé une « économie de casino «  non durable ». Dans la perspective de la crise globale actuelle (crises écologique, énergétique, agro-alimentaire, financière, économique, démocratique et des droits humains) il est impératif de penser des solutions globales. C’est pourquoi nous vous invitons à poser un petit geste qui pourrait avoir de grandes répercussions.

Pour envoyer un courriel au Premier ministre Stephen Harper et à son ministre des Finances Jim Flaherty pour les inciter à appuyer la taxe Robin des bois lors des sommets du G8 et du G20 cet été, allez à l’adresse suivante : http://atable2010.org/agir/courriel

Nelson

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À inscrire à votre agenda

 

  • Veuillez noter que les bureaux du CPRF seront fermés pour la période estivale du 28 juin au 6 août inclusivement.
  • L’assemblée générale du CPRF se tiendra vers la fin du mois de septembre. À ce sujet, vous recevrez toute l’information nécessaire vers la fin août ou au début de septembre prochain.

 

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Halte à Charest

Tiré du site nonauxhausses.com - 22 avril 2010

La Coalition opposée à la tarification et la privatisation des services publics a lancé la campagne « Halte à Charest ». Les nombreuses tarifications et compressions budgétaires annoncées dans le dernier budget du Québec auront des conséquences désastreuses sur l'accessibilité et la qualité de nos services publics, touchant particulièrement les gens au bas de l'échelle qui vivront le plus durement ces mesures, dont bon nombre de femmes.
Si le gouvernement avait écouté nos revendications, il aurait mis de l’avant des mesures justes, équitables et progressives en allant chercher l’argent là où elle se trouve, par:

  • une fiscalité plus équitable.
  • des redevances sur les ressources naturelles
  • la lutte à l’évasion et à l’évitement fiscal.
  • l’ajout d’au moins un palier d’imposition pour les revenus plus élevés.
  • la réduction, voire l’abolition de certaines exemptions fiscales (qui ne profitent qu’aux riches).
  • une TVQ progressive en fonction de la nature des biens achetés.
  • la lutte contre la corruption gouvernementale.
Comme symbole fort de notre lutte, la Coalition invite les citoyenEs à s’approprier la MAIN ROUGE, pour manifester leur opposition aux hausses de tarifs et aux compressions :
- Comme photo dans les médias sociaux tel que facebook
- En l’épinglant sur nos vêtements
La MAIN ROUGE vise à faire valoir notre détermination à faire reculer le gouvernement et promouvoir des alternatives fiscales pour une société plus juste.

Restez informé-es: http://www.nonauxhausses.org/

Louise

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OPINION

Dormez-vous au gaz?

Notre réputation semble bien connue à travers le monde. Au Québec tout est à vendre ou à louer : les forêts, l’énergie des rivières ou du vent, l’eau, le sous-sol et ses richesses minières et gazières; les terres agricoles dans la mire des Chinois, l’éducation, la santé et les grands travaux publics surtout en transport sont aussi de bons investissements pour de grandes marges de profit qu’on peut doubler sous toutes sortes de prétextes. Quand aux divers gouvernements n’ayez crainte, ils sont vendus depuis longtemps à la cause du privé mur à mur et n’ont aucun souci du bien commun. Ils vendent leur âme pour rester au pouvoir. Et vous n’aurez rien à retourner aux habitants de cette colonie ni à réparer les dégâts faits à l’environnement. Un conseil : n’oubliez pas de fournir à la caisse du parti au pouvoir. Un vrai paradis d’affaires le Québec.

L’envers de la médaille c’est qu’il se trouve toujours des citoyens et citoyennes qui ne dorment pas au gaz de la propagande affairiste et veillent sur les richesses communes et leur répartition équitable, luttent pour maintenir des services de qualité accessibles à toutes et à tous, le respect de notre dignité et la qualité de notre démocratie. Ils sont organisés en réseaux et beaucoup de jeunes y sont impliqués. Et vous, dormez-vous au gaz?

Gérard Laverdure

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La liberté de s’enrichir

Nos sociétés développées sont aux prises avec un vide de sens et une perte de solidarité progressive, une dissolution lente mais certaine de notre capacité d’entrer en relation avec l’autre, qui affectent notre vision du monde comme individu et comme société. Certaines personnes, issues de notre élite, s’enthousiasment pour le dieu argent, et semblent vouloir faire de la poursuite de la richesse, l’unique garantie de leur bonheur en tant que nation. Pour eux et elles, la création de la richesse est la solution miracle à tous leurs problèmes, alors qu’il s’agit pour plusieurs de l’origine même de ceux-ci et de l’injustice qui sévit en ce monde.
 
Si, individuellement, chacun et chacune poursuit son propre intérêt sans égard au bien commun, il serait surprenant que nous arrivions un jour à construire une société équilibrée où tous et chacun aient une place. En fait, la liberté de s’enrichir n’existe que pour les propriétaires du capital, elle est hors d’atteinte des simples salariés, sans parler de tous les autres qui n’occupent plus ou pas un emploi rémunéré.

La liberté totale du marché correspond également à une anarchie complète, où la valeur de nos engagements se mesure en dollars. Si aucune valeur ne tient, exception faite de la propriété privée et de la liberté individuelle, détachée de toutes formes de projets historiques communs, comment  sera-t-il possible de se réapproprier les espaces décisionnels pour pouvoir construire le vivre ensemble ? Dans cette guerre de tous contre tous, où l’argent devient la mesure de toute chose, pourquoi faudrait-il s’embarrasser d’une morale ou d’une éthique? Pas vu, pas pris et tant pis pour les autres dans ce chacun pour soi qui sonne le glas de notre civilisation. Sans retomber dans nos anciens esclavages, est-il encore possible de construire un monde meilleur ? Où est la grandeur de notre engagement, de nos luttes communes, où chacun trouve en soi la force d’aller au-delà de ses intérêts immédiats. Maintenant que l’éphémère et le paraître trônent tout en haut de notre palmarès, à l’indice du bonheur marchandisé, est-il encore possible de croire à la fraternité humaine universelle ? Pour ma part, j’en viens à la conclusion qu’il faut pouvoir s’unir à nouveau, sans calcul mesquin, à partir de la redécouverte du caractère inaliénable de la dignité de chaque être humain. Si chaque personne est sacrée et que nos relations visant à construire la communauté le sont également, l’appropriation et l’accaparement égoïstes seront bien vite perçus comme un scandale et une profanation indigne   pour ceux qui les commettent. Cette inversion nécessaire de nos valeurs et de nos codes culturels devrait nous conduire à choisir une nouvelle élite en lieu et place de ceux qui ont perdu le sens de la vie, de l’amour du prochain, et du bonheur collectif. Lorsque toute chair qui souffre atteindra notre cœur, nous ne pourrons plus construire un monde sur des bases d’injustice.

Yves Carrier
Texte originalement paru dans le bulletin du CAPMO, avril 2010, année 10, numéro 8
              

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Les beaux vendredis soir
Club CPRF

Après une longue semaine de réunions, de travail d’écriture, de contacts avec les jeunes, avec les personnes appauvries, les groupes du quartier, un parti politique de gauche, de formation auprès des communautés religieuses et des groupes populaires, de participation à des comités justice, nous nous réunissons une dizaine de personnes aux six semaines environ pour échanger de façon informelle autour d’une bonne soupe préparée par Lise et un repas partagé. Il est toujours bon de se retrouver sans ordre du jour trop formel. Les sujets surgissent de la vie, de l’actualité, du monde religieux et politique… Nous avons réfléchi et exprimé notre déception vis-à-vis de notre Église institution, avons réitéré notre désir de faire Église autrement. En ce sens, la mort de Pierre Vadeboncoeur,  de Guy Paiement et  de Michel Chartrand nous a stimulés à vouloir vivre notre foi en lien avec notre engagement. La prise de position de la Fédération des femmes vis-à-vis du port du voile islamique a provoqué une discussion émotive mais non moins enrichissante.   On ne peut s’empêcher à chaque rencontre de faire la critique de nos gouvernements trop peu préoccupés de la dignité humaine. Le tragique événement qu’ont vécu nos soeurs et nos frères haïtiens ne nous a pas laissés indifférents. Le voyage de Lise là-bas, pour de la formation dans sa communauté, nous a permis d’avoir des nouvelles très concrètes de la situation qu’y vivent les gens.
 
Et il y a notre vie quotidienne : nos amiEs malades, la souffrance, le vieillissement. On ne peut passer à côté.
 
Les beaux vendredis soir (ce devrait être le sens des beaux dimanches) sont une halte de fraîcheur. Il est important pour moi de rencontrer des frères et des soeurs qui voient les choses autrement et qui ont le goût d’agir pour un monde plus juste, qui croient en ce que nous faisons. C’est un stimulant pour retourner sur le terrain le lundi matin. Une petite anecdote en terminant : quelqu’un m’a déjà demandé à la fin d’un cours si j’étais pratiquante et j’ai répondu du tic au tac « Oui, surtout la semaine ».

Notre repas des beaux vendredis soir est une Cène qui nous rappelle l‘urgence de faire comme Lui.

Lucie Lépine

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 « Ce sont les rêveurs qui changent le monde. Les autres n’en ont pas le temps. »
                                                                                                                                                                      Albert Camus

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